« Mon cachot n'a pas de fenêtre, et je n'ai pas vu le soleil depuis trois mois, témoigne Asia Bibi, mère de famille pakistanaise et ouvrière agricole, condamnée à
mort pour blasphème (1). Depuis que je suis isolée, je ne sors plus jamais de ces quatre murs et personne n'est autorisé à entrer pour nettoyer. [...] Chaque jour, je vais chercher tout au fond
de moi la force de tenir, je me bats pour garder un peu de dignité. »
Voici deux ans, le 14 juin 2009, Asia Bibi travaillait dans les champs d'un exploitant agricole avec les autres femmes du petit village d'Ittan Waki, au Pendjab.
Soudain, une foule démontée s'approche, réclame sa mort en l'accusant d'avoir insulté Mahomet. À l'origine du drame, une dispute qui dégénère : ayant bu l'eau du puits, elle fut accusée de rendre
le gobelet impur...
Elle est traînée devant l'imam du village : « Si tu ne veux pas mourir, tu dois te convertir à l'islam. Es-tu d'accord pour te racheter en devenant une bonne
musulmane ? » « Non, je ne veux pas changer de religion. [...] Je n'ai pas insulté le Prophète », répond-elle. Elle sera battue, jetée en prison, puis condamnée à mort au terme d'un étrange
procès.
Le musulman Salman Taseer, gouverneur du Pendjab, et le chrétien Shabbaz Bhatti, ministre des Minorités, prennent sa défense. Tous deux seront assassinés. Tous deux
voulaient abolir la loi contre le blasphème, qui condamne à mort ceux qui sont accusés d'avoir insulté Mahomet. Les musulmans en sont les premières victimes.
La mort à petit feu
Un mollah a promis 500 000 roupies à ceux qui la tueraient. Même en prison, elle n'est pas en sécurité car des condamnés à mort se font assassiner. De plus, ses
conditions d'emprisonnement sont inhumaines. Combien de temps va-t-elle tenir ? Elle vit dans un cachot si petit qu'elle peut toucher les murs en étendant les bras. À côté de sa couche, un trou
tient lieu de sanitaire. Elle souffre du froid, de l'humidité, de l'insalubrité... Ce genre de traitement, sous couvert de la protéger, la conduit à la mort avant même que sa cause ne soit
entendue en appel. C'est comme si la sentence des mollahs était en train d'être appliquée à petit feu.
À cette torture, s'ajoute un autre drame : toute sa famille est menacée. Son mari comme ses enfants doivent se cacher. Pourtant, du fond de l'enfer, Asia Bibi
trouve la force de résister à la haine et d'appeler ses enfants à se tourner vers l'amour et la vie : « Il faut que l'humanité embellisse, qu'elle progresse. [...] Dieu n'est qu'amour et il ne
peut être responsable de la folie des hommes, de toute la haine du monde. [...] À mes enfants... Je veux que, quoi qu'il arrive, ils parviennent à construire leur vie et à transmettre tout
l'amour que je ressens pour eux. Ils sont comme des graines d'espérance et d'amour, dont j'espère qu'ils vont donner un jardin florissant. »
Les conditions de détention d'Asia Bibi sont inhumaines. Sa vie est en danger. Il est nécessaire de la transférer au plus vite dans un lieu de vie digne et de lui
permettre de faire valoir son innocence. La liberté de conscience et la liberté religieuse sont les fondements de la paix. La loi contre le blasphème, qui tue tant de musulmans et de chrétiens,
n'est pas digne de ce grand pays.
Au
programme : temps d’échanges et de rencontre, catéchèse de Mgr Yves Le Saux, rencontre d’un témoin, marche, messe d’ordination, envoi des jeunes partant aux JMJ.
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